Alp-Résil – une recherche universitaire invite les habitants à dire comment ils vivent les risques climatiques

Vallée de Chamonix-Mont-Blanc : une recherche universitaire invite les habitants à dire comment ils vivent les risques climatiques

Lancée dans le sillage de l’exercice européen EU ALPEX 2027, l’étude ALP-RÉSIL recrute jusqu’au 30 novembre des résidents, travailleurs et habitués de la vallée pour suivre, sur un an, l’évolution de leur rapport au risque.

Chamonix-Mont-Blanc et Montréal, le 13 octobre 2026 — Comment vit-on dans une vallée où les glaciers reculent, où la haute montagne se transforme et où un séisme reste possible ? Et ce que ressentent les habitants pèse-t-il vraiment sur les décisions qui façonnent leur territoire ? Depuis le 1er octobre, la recherche ALP-RÉSIL, menée par le Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), invite les personnes de 18 ans et plus qui vivent, travaillent ou séjournent régulièrement dans la vallée de Chamonix-Mont-Blanc à répondre à un questionnaire en ligne de 20 à 25 minutes. La première collecte se poursuit jusqu’au 30 novembre 2026.

Un exercice européen comme point d’observation

En mars 2027, la vallée accueillera EU ALPEX 2027, un exercice grandeur nature de protection civile européenne. Il simulera un séisme aux effets en cascade dans un territoire de haute montagne affecté par les changements climatiques. L’exercice prépare les services de secours et les organisations ; son évaluation opérationnelle relève du Center of Excellence in Risk & Decision Sciences (CERIDES).

Développée en partenariat avec EU ALPEX 2027, ALP-RÉSIL pose une autre question : que change un tel exercice dans la manière dont une communauté perçoit ses vulnérabilités, fait confiance à ses institutions et choisit ce qu’elle veut protéger, adapter ou transformer ? La recherche n’évalue pas la gestion de crise. Elle suit ce qui évolue avant, pendant et après l’exercice dans les perceptions, les organisations et les décisions publiques des quatre communes de la vallée : Chamonix-Mont-Blanc, Les Houches, Servoz et Vallorcine.

Participer : vingt minutes, quatre rendez-vous sur un an

L’étude suit les mêmes personnes dans le temps, pour distinguer ce qui change durablement de ce qui ne fait que passer.

  • Qui : toute personne de 18 ans et plus qui réside dans la vallée, y séjourne régulièrement ou y travaille, résidents permanents comme saisonniers.

  • Comment : un questionnaire en ligne de 20 à 25 minutes, accessible à l’adresse sondage.uqam.ca/216172, puis trois suivis plus courts : en février-mars 2027, dans les semaines qui suivront l’exercice, puis à l’automne 2027.

  • Garanties : la participation est volontaire et non rémunérée. Les réponses sont pseudonymisées et les coordonnées conservées à part. Aucun partenaire local n’a accès à l’identité des participants ni à leurs réponses.

L’équipe vise entre 200 et 250 personnes pour cette première vague. L’objectif n’est pas un sondage représentatif : c’est la diversité des profils et des lieux de vie qui fera la solidité des résultats.

Ce qui reviendra à la vallée

La recherche s’engage à rendre ses résultats au territoire qui les aura rendus possibles. Deux synthèses sont prévues :

  • une synthèse grand public, claire et non technique, destinée d’abord aux participants, puis à l’ensemble des habitants ;

  • une synthèse stratégique à l’intention des élus, des administrations et des services de sécurité civile. Elle portera sur les vulnérabilités et interdépendances du territoire, sur les écarts entre perceptions citoyennes et institutionnelles, et sur les arbitrages qui détermineront l’habitabilité de la vallée.

Quatre articles scientifiques compléteront ces synthèses, pour verser l’expérience de la vallée au débat international sur l’adaptation des territoires de montagne.

Ils ont dit

« La culture des risques et de la gestion de crise est un marqueur de l’identité de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc. Comprendre comment les habitants les perçoivent, et ce qu’ils attendent de leurs élus, nous sera précieux pour les choix stratégiques à venir. J’invite les habitants de la vallée qui le peuvent à participer à cette enquête en prenant 20 minutes pour répondre. Prenez part au renforcement de la résilience de notre territoire. »

— François-Xavier Laffin, président de la Communauté de communes de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc 

« Que reste-t-il d’un exercice majeur une fois les véhicules d’intervention repartis et le quotidien revenu ? Pour le savoir, il faut d’abord écouter celles et ceux qui vivent la vallée tous les jours. Chaque réponse nous aide à comprendre ce que la population juge prioritaire de protéger, d’adapter ou de transformer, et si cette parole atteint réellement la décision publique. »

— Sophie Seguin-Lamarche, doctorante en géographie à l’UQAM et chercheuse principale d’ALP-RÉSIL

« EU ALPEX 2027 doit renforcer la capacité des services à faire face à une catastrophe complexe en haute montagne. Mais la préparation ne s’arrête pas aux intervenants : elle concerne aussi la population. Le regard d’ALP-RÉSIL sur ce que les habitants retiendront de l’exercice complète utilement nos propres retours d’expérience. »

— Lieutenant-colonel Frédéric Harrault, chargé de mission et coordonnateur d’EU ALPEX 2027, Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), ministère de l’Intérieur

« Les exercices de crise produisent d’ordinaire des retours d’expérience opérationnels. ALP-RÉSIL permet d’observer, dans la durée, comment un territoire apprend et ajuste ses choix face à des risques qui s’additionnent. »

— Yannick Hémond, professeur et directeur du Département de géographie de l’UQAM, directeur de thèse